La Peugeot 406 Coupé : le grand coupé français que personne n’a vraiment vu venir

Il y a des voitures qui font le boulot. Et puis il y a des voitures qui vous retournent la tête au feu rouge. La 406 Coupé appartient à la deuxième catégorie, sans discussion. Lancée en 1996, produite jusqu’en 2004, elle n’a jamais vraiment eu la reconnaissance qu’elle méritait de son vivant. Trop chère pour certains, pas assez sportive pour d’autres, perdue entre deux marchés sans vraiment appartenir à l’un ni à l’autre. Et pourtant, aujourd’hui, elle cote. Elle séduit. Et les exemplaires propres se font rares.

Une ligne qui ne vieillit pas, et ce n’est pas un hasard

Quand Peugeot a voulu un coupé haut de gamme au milieu des années 90, le bureau de style interne a décliné la mission. Trop de travail, trop de pression, trop de risque de se mesurer à un géant. Ce géant, c’était Pininfarina, à qui Peugeot a donc confié l’entièreté du projet, du dessin jusqu’à la fabrication, assurée dans l’usine italienne près de Turin. Une carrosserie développée séparément, qui partageait très peu d’éléments avec la berline de série — ce qui explique en partie pourquoi trouver une pièce auto spécifique au coupé demande aujourd’hui plus de recherches qu’on ne l’imaginerait.

C’est un jeune designer, Davide Arcangeli, disparu tragiquement en 2000 à 30 ans seulement, qui a figé le style définitif de la voiture dès 1993. Le résultat est une ligne tendue, presque italienne dans son élégance, qu’on a souvent comparée à la Ferrari 456 GT, autre création Pininfarina de l’époque. Ce n’est pas totalement faux, même si la comparaison agaçait probablement les deux constructeurs pour des raisons opposées. Ce qui est sûr, c’est que la 406 Coupé n’a pas pris une ride. Garez-en une aujourd’hui à côté de n’importe quel coupé contemporain, et elle tient la comparaison sans broncher.

Trois motorisations, des tempéraments très différents

La 406 Coupé a existé en trois versions principales, et le choix du moteur change vraiment l’expérience.

Le 2.0 essence 16 soupapes, d’abord à 135 ch puis retravaillé à 137 ch à partir de 1999, c’est la version la plus accessible aujourd’hui. Pas fulgurante, honnêtement. Mais agréable, raisonnable à la pompe pour peu qu’on ne s’emballe pas, et mécaniquement solide. Pour conduire tous les jours en profitant de la ligne sans ruiner ses finances, c’est la bonne option.

Le V6, lui, c’est autre chose. La version initiale à 194 ch était déjà très correcte. Mais c’est avec la révision à 210 ch, opérée grâce à l’intervention de Porsche qui a ajouté des déphaseurs sur les arbres à cames, que le moteur a vraiment trouvé son caractère. Un son grave, une montée en régime qui n’en finit pas, une élasticité sur autoroute qui rend les longs trajets presque addictifs. C’est de loin la motorisation la plus désirable, et logiquement la plus recherchée sur le marché de l’occasion.

Le HDi 136 ch, arrivé en 2001, est un cas à part. Une première pour un coupé de ce gabarit à l’époque, avec filtre à particules en prime. Consommation raisonnable, couple disponible tôt. Mais les retours des propriétaires sont mitigés : FAP, EGR, turbo… c’est la motorisation qui demande le plus de vigilance sur les exemplaires à kilométrage.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter

La 406 Coupé peut être très fiable. Elle peut aussi vous coûter cher si vous achetez n’importe quoi. Quelques points à surveiller en priorité :

  • La carrosserie : la peinture marque rapidement, et certaines pièces de carrosserie sont devenues difficiles à trouver en neuf. Un pare-chocs avant de remplacement chez le concessionnaire coûtait 1 500 euros il y a quelques années, et la situation n’a pas franchement évolué dans le bon sens.
  • Les vitres électriques : un classique sur les exemplaires à fort kilométrage. Souvent un problème de régulateur, réparable, mais à tester impérativement.
  • Le V6 210 ch phase 1 (jusqu’à fin 2001) : les déphaseurs peuvent causer un fonctionnement chaotique au ralenti. Pas rédhibitoire mais à surveiller, et à intégrer dans la négociation.
  • La direction assistée : les pompes HP ont tendance à fatiguer. Une direction un peu lourde ou qui couine à froid, c’est souvent le signe que le remplacement n’est plus très loin.
  • La courroie de distribution : à changer tous les 120 000 à 180 000 km selon les versions. Vérifiez l’historique d’entretien, c’est non-négociable.

La question des pièces, justement

C’est le sujet qui revient le plus souvent dans les clubs et les forums. Certaines références de carrosserie spécifiques au coupé sont épuisées chez les fournisseurs traditionnels depuis longtemps. Pour les feux, les boucliers, les rétroviseurs ou certaines garnitures intérieures, les pieces detachees auto de récupération sont souvent la seule piste réaliste à un prix raisonnable. C’est un marché qui a bien mûri ces dernières années, avec des plateformes qui permettent de croiser les références rapidement qu’il s’agisse d’une Peugeot, d’une pièce Toyota ou d’un catalogue pièces détachées Toyota : la logique du véhicule donneur s’applique partout.

Pour la partie mécanique, la situation est bien plus rassurante. Les moteurs de la 406 Coupé étaient partagés avec d’autres modèles du groupe, ce qui signifie que les pièces mécaniques courantes, filtres, courroies, disques, restent disponibles sans trop de mal. C’est vraiment la carrosserie qui concentre les galères.

Une série limitée à connaître

En 2000, Peugeot et Pininfarina ont sorti une édition spéciale Settant’anni pour célébrer les 70 ans de la carrosserie italienne. 1 305 exemplaires, bleu Hypérion, intérieur cuir, ESP de série. Si vous en croisez un en bon état, c’est probablement la version à privilégier, à condition d’accepter le prix qui va avec.

Pourquoi elle mérite d’être sauvée

La 407 Coupé, sa remplaçante dessinée cette fois en interne, n’a vendu que 36 000 unités sur toute sa carrière. La 406 Coupé en avait écoulé 100 000 en sept ans. Ce chiffre dit quelque chose. Il dit qu’une voiture bien dessinée, plaisante à conduire, bien construite et proposée à un prix cohérent trouvera toujours son public, même dans un segment difficile. Trente ans après sa conception, la 406 Coupé est en train de devenir exactement ce qu’elle aurait dû être dès le début : une référence.